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Vous trouverez ici divers articles et nouvelles concernant Yoko Tsuno.

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    Informations Technique sur la migration KWSPHP vers WORDPRESS

    Voici la liste des tâches non exhaustives qui ont été effectuées pour migrer le site de KWSPHP vers WordPress.

    • importation des membres, et de la plupart des données de leur compte (signature, email, mot de passe, etc..)
    • importation des catégories des news et et des articles,
    • importation des news et de leurs commentaires,
    • importation des articles et de leurs commentaires,
    • importation des infos d’Emilia,
    • importation du forum vers l’extension WPFORO, cette importation inclut, tous les sujets, tous les messages et les abonnements aux sujets,
    • importation du Livre d’or vers l’extension Gwolle Guestbook,
    • importation de la galerie vers l’extension Photo Gallery,
    • importation des sondages et résultats vers l’extension WP-Polls,
    • importation de la Messagerie Interne soit tous les messages et discussions vers l’extension Front END PM,

    Pour toutes ces importations tout a été encodé en UTF-8, et la plupart des liens internes ont été convertis.

    Pour les news et le forum les bbcodes ont été convertis en HTML,

    Les anciens smileys ont été importés mais ne sont plus disponibles.

    – le Quiz a été adapté et légèrement amélioré,

    – l’extension Mots Croisés a été adaptée et améliorée, vous pouvez directement cliquez sur les cases numérotées pour entrer vos réponses et la résolution graphique a été augmentée,

    – les albums, personnages, engins, cartes et décors ont été rassemblés dans une seule extension, celle-ci n’est pas finalisée et donc en cours de développement, et vous constaterez quelques bug, notamment l’absence des commentaires. Dans un futur plus ou moins proche une version 2 devrait apparaître et corriger tous les défauts et être mieux intégrée à Worpress.

    Pour les nostalgiques l’ancienne version du site est toujours visible à cette adress. http://yoko.tsuno3.free.fr mais vous ne pouvez plus vous connecter ou vous inscrire.

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    Les maquettes de Roger Leloup


    Les maquettes de Roger Leloup


    Vous n’êtes pas sans savoir que Roger Leloup, est un fan de modélisme. Dans beaucoup de cas, dans les aventures de Yoko, il s’est servi de modèles réduits pour dessiner les engins et même certains décors. Emilia nous à envoyer les photos de deux d’entre elles le Colibri et le Tsar.
    Concernant le Colibri du canon de Kra on connaissait son existence, mais c’est les premières photos que l’on peut voir en grand, idem pour le Tsar les lecteurs de Spirou avaient déjà pu voir une photo dans le numéro 3505, en voici donc d’’autres.

    Le Colibri.
    Pour information (tirée du reportage Trait portait), le Colibri est en balsa, vitrifié à la résine, peint à la peinture de carrosserie automobile, poli au « Sidol » et au polish de carrosserie.

    Le Colibri Le Colibri
    LE Colibri

    Cliquez sur les photos pour les voir en grand format.

    Le Tsar.
    Voici donc la maquette en bois qui a permis de dessiner le Tsar dans Le septième code.

    Le Tsar Le Tsar
    Le Tsar

     

    Cliquez sur les photos pour les voir en grand format.

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    La critique de Richard Langlois

    Richard Langlois, cet historien québécois, professeur à l’université de Sherbrooke à Montréal et éminent spécialiste de la bande dessinée nous a fait parvenir en excluvivité, sa critique sur Le septième code.

    Vous trouverez aussi sur la page suivante, la précédente critique de Richard, qu’il avait écrite pour la parution de La pagode des brumes .

    Chaque album de Roger Leloup se présente comme une oeuvre accomplie, longuement mûrie et qui va toujours plus loin que la précédente. Son travail demeure classique parce qu’il appartient à l’héritage fidèle d’une époque où la BD s’écrivait, en textes et en images, comme une création littéraire qui devait affronter l’épreuve du temps. Jamais Leloup ne se servira des procédés faciles et souvent gratuits de la science-fiction moderne, vite faite et vite consommée. Une des grandes qualités de l’auteur, c’est son sens d’observation d’une justesse incroyable. On plonge dans un bain d’authenticité pour en ressortir trempé d’émotion et d’émerveillement.

    Ce 24ième album a pris plus de quatre ans de travail intensif, jusqu’à 70 heures par semaine. Dire qu’un scénario ou un dessin de Leloup est soigné et envoûtant serait un euphémisme. Scénariste chevronné et dessinateur sensible par son trait méticuleux et délicat, mais avec une ligne puissante, il fait partie de ces maîtres sans lesquels la BD réaliste ne serait pas tout à fait ce qu’elle est dans son meilleur. Dans une narration au rythme haletant et condensé, chaque séquence développe progressivement une intrigue de plus en plus étoffée par la rencontre de personnages troublants et la découverte de décors insolites qui se résument en un seul mot: fascination.

    Dès les premières pages du présent album, le suspense surgit sous la forme d’un mystérieux hydravion qui coupe la route du Catalina que pilote Yoko au-dessus de l’Amazone. C’est de cette façon surprenante et rapide que l’auteur introduit une nouvelle héroïne qui deviendra attachante et très importante comme nouvelle compagne de Yoko. Il s’agit d’une jeune fille de quatorze ans, dont le père écossais et sa deuxième mère d’origine russe ont tous deux un penchant pour l’alcool, l’un pour le whisky et l’autre pour la vodka. Cette adolescente en pleine crise d’identité se nomme Émilia; un surnom qui nous fait penser à la célèbre Amelia Earthart, la première femme à traverser l’Atlantique en 1928. C’est sans licence nécessaire qu’Émilia pilote un biplan pour pulvériser de l’insecticide. Elle se présente comme une aventurière sans peur et sans complexe, doté d’un sens de l’humour à toute épreuve, mais aussi de sautes d’humeur propres à son âge que Yoko lui aidera à maîtriser.

    Émilia est plus qu’une bouffée de fraîcheur et de rajeunissement dans ce nouvel album, elle traduit la grande sensibilité de son créateur pour rendre ses héroïnes de papier vivantes et touchantes. La mère biologique d’Émilia lorsqu’elle est partie pour son dernier récital, lui a dit: « Je te laisse mon coeur dans le tien… prends-en soin! » Plus tard, Émilia retrouvera dans un endroit imprévisible le violon réparé de sa mère, qu’elle avait brisé parce qu’elle ne pouvait pas parvenir à jouer comme elle. Yoko lui dira, avec toute sa sagesse orientale: « La passion se transmet, mais la virtuosité se gagne… » À la fin de cet épisode, Leloup nous annonce indirectement une suite très attendue à cette nouvelle amitié, en proposant une rencontre en Allemagne avec Ingrid Hallberg qui conseillera Émilia dans ses études musicales. Pour mieux enraciner cette amitié entre ses protagonistes vedettes, en plus d’être toutes les deux pilotes, Émilia et Yoko partagent une expérience similaire pour l’origine de leur surnom d’enfance: celui d’Émilia vient d’une marionnette et celui de Yoko vient d’une poupée.

    La présente mère d’Émilia est nulle autre que la comtesse Olga qu’on a rencontré dans l’album L’OR DU RHIN. Avec la complicité d’un riche Allemand du nom de Krüger, elle tente de percer le secret du « Temple de fer », un complexe sidérurgique abandonné en pleine jungle amazonienne. Lors d’une plongée sous-marine, Émilia dévoilera à Yoko un mystérieux lingot de métal inconnu qu’elle a caché à bord d’un sous-marin englouti. Un météorite tombé en pleine forêt équatoriale est à l’origine de ce rare métal aux propriétés remarquables. En 1936, une firme allemande exploita une des particularités de ce précieux métal pour fabriquer des obus antichars afin de détruire les blindés russe au début de la Deuxième Guerre. Après la guerre, les Russe prirent la relève en achetant aux Allemands une scierie secrète camouflée en plein coeur du Brésil. Leur mine fut abandonnée en 1962, au moment où les soviétiques retirèrent de Cuba leurs missiles pointés sur l’Amérique. Malheureusement ils oublièrent un missile encore opérationnel malgré la rouille, entreposé au Brésil et pointé sur la Floride.

    Sur ce fond d’histoire, Leloup élabore une fiction originale aux rebondissements inattendus. Dans ce lieu maudit du « Temple de fer », Olga retrouve sept corps en hibernation. Chaque corps possède une micro-puce dans l’épaule, contenant un code. Le septième code, le dernier, a disparu du corps du père d’Olga. Il se cache dans l’oreille d’un chien du nom de Raspoutine, sous la forme de sept lettres en caractères cyrilliques. Avec humour, Yoko avouera que c’est Émilia qui « lui a mis la puce à l’oreille » pour mettre la main sur ce code ultime qui permet de contrôler une ogive nucléaire. La menace apocalyptique est renouvelée et renchérie par le soin apportée à chaque mot du scénario où le « Temple de fer » se transforme en « Portes de l’enfer » et les codes deviennent « les doigts de la mort », car à la moindre manipulation erronée, peut renaître un Tchernobyl au superlatif. En parfaite harmonie avec le texte, le dessin fouillé nous donne aussi des frissons. De la matière active du météorite enfoui dans le sol phosphorescent, s’échappent des feux follets qui se déplacent par antigravitation. Des images impressionnantes et troublantes surgissent de l’énergie qui se dégage lorsqu’elle rejoint la brume nocturne chargée d’électricité. Parmi les autres images inoubliables, nous voyons un injecteur de fluides électriques puissants qui dépassent les machines infernales du film expressionniste MÉTROPOLIS de Fritz Lang. Toujours dans cette belle tradition du cinéma classique, comme dans LE SEPTIÈME SCEAU d’Ingmar Bergman, pour ouvrir la porte de l’au-delà et éviter la mort, on joue une partie d’échecs.

    Au moment où l’on croit avoir atteint les limites de la peur, Leloup nous entraîne dans un dénouement cataclysmique de très haute tension physique et psychologique. Il faut extraire le météorite bourré d’énergie redoutable; le coeur de ce dernier filera vers le ciel comme une comète emportant sur son passage le missile nucléaire qui s’armera en altitude et explosera au milieu de la matière antigravitionnelle pour produire un ouragan de fin du monde. Il faut absolument voir et revoir la séquence du dénouement, impossible à décrire juste avec des mots… Jamais la thématique de la fin des temps, si présente dans les médias actuels, n’a été traitée avec autant de brio et d’imaginaire. Avec beaucoup de maturité psychologique, chez Leloup, tout danger, même apocalyptique, s’accompagne de valeurs éthiques qui permettent d’espérer et de croire à un futur meilleur, grâce au courage et au sacrifice qui ne peuvent naître que dans une amitié profonde et sans frontière.

    Ce dernier album paru ne fait que renchérir le succès grandissant d’une série qui ne vieillit pas à cause de sa thématique universelle ancrée en chacun de nous, fragile passager sur une planète de plus en plus menacée. Chaque récit s’attarde sur le bouleversement des forces extérieures enfouies dans la matière et l’énergie que Leloup traduit à merveille par des symboles comme ceux du vent, de l’eau et du feu. Grâce aux forces intérieures de ses héroïnes, parfois avec l’aide de certains personnages masculins, on apprivoise les forces déchaînées de la Terre-Mère. Ils sont très rares dans le 9e art ces personnages aussi complets et fascinants qui nous étonnent d’abord et nous charment ensuite, comme Yoko dans le passé et Émilia dans le présent. Ainsi, chaque aventure de Yoko cultive un humanisme où la faute et la rédemption donnent une âme au récit. Cet album émouvant dégage un charme sublime qui transforme le lecteur en prisonnier consentant et extasié. Vous ne quitterez pas la lecture avant d’être arrivé, à regret, à la dernière page.

    Richar Langlois

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    Ce soir, pour te fermer les yeux

    Pour citer Emilia, « Ce texte Roger l’avait écrit pour sa petite Annick lors de son arrivée de Corée… Il l’a donné à Yoko qui l’a offert à Rosée sur une carte de voeux… »

    Ce soir, pour te fermer les yeux,
    j’ai préparé mille contes bleus.

    Celui du prince qui se fit mendiant,
    pour vivre heureux parmi ses paysans.
    Celui du dragon qui se fit fleur,
    pour mieux séduire la rose de tendre couleur.
    Celui du gentil cormoran,
    qui épargna le poisson d’argent.

    Mais je me perds dans mon récit et toi,
    mon ange tu t’es endormie.
    Je reste seul avec la vérité…
    Car jamais je n’oserais t’avouer…

    Que le prince mendiant
    fut chassé par ses paysans.
    Que le dragon jaloux,
    brûla la fleur par courroux.
    Que le cormoran gourmand,
    avala le poisson d’argent

    Mais tes lèvres roses ont frémit.
    et sur ton oreiller de rêves tu m’as souri
    Tu grandiras… Je vieillirai…
    Et le plus beau conte, je le vivrai…

    Yoko Tsuno

    Yoko et Rosée
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    Rencontre

    Bonjour… Voilà donc mon interview (téléphonique) de Roger Leloup, publiée dans Le Quotidien de Paris du 17 septembre 1996. Je l’avais appelé chez lui, le 13 septembre en début d’après-midi, depuis un bureau des éditions Dupuis. En la relisant, j’y ai noté des maladresses et des erreurs de jeunesse… Tant pis, je l’assume telle quelle, et vous en laisse le libre usage – à condition qu’il n’y ait pas de coupes. Certaines questions vous paraîtront peut-être « enfoncer des portes ouvertes ».Gardez simplement à l’esprit que cette interview était destinée à un media généraliste. Je ne m’adressais pas à des connaisseurs de Yoko, ni même de bandes dessinées en général. Poser des questions trop « pointues » aurait ennuyé la plupart des lecteurs. Mais je ne me plains pas, c’était formidable que l’on m’offre une pleine page pour interviewer un auteur de bandes dessinées… Et c’est formidable qu’un site comme le vôtre puisse aujourd’hui offrir ce texte aux fans de Yoko. Cordialement, Pierre Fageolle.

    RENCONTRE


    LES CONFIDENCES DE YOKO TSUNO RENCONTRE Les éditions Dupuis ont publié mercredi dernier le vingt-et-unième album de Yoko Tsuno, « La porte des âmes ». Son créateur, l’humaniste et perfectionniste Roger Leloup, nous parle de ses lointains repérages, de son exigence inquiète et de son enfance rêveuse.

    Le Quotidien de Paris – Comment est né le personnage de Yoko Tsuno ? Vous souvenez-vous de son premier crayonné ? Roger Leloup – Après quinze ans passés au Studio Hergé, à travailler sur les décors de Tintin, de Lefranc et Alix, j’avais besoin de voler de mes propres ailes. J’ai d’abord proposé aux éditions Dupuis le personnage d’une hôtesse de l’air, qui devait s’appeler Sabine si elle avait travaillé pour la Sabena (NDR : compagnie aérienne belge de l’époque) ou France pour Air France. Mais la Natacha de Walthéry est née à peu près à cette période, et il y aurait eu doublon. J’ai imaginé Yoko alors que je préparais une aventure de Jacky et Célestin, où elle ne devait jouer qu’un rôle très secondaire. Je me souviens parfaitement de son premier crayonné, c’était dans la soirée de Noël 1968, alors que ma femme était déjà couchée. Je l’ai présentée à Charles Dupuis pour le Noël suivant, et sa première planche est parue dans Spirou le 24 septembre 1970. Je m’en rappelle très bien, parce que le chiffre 24 revient toujours à des moments clés de ma vie. J’ai longtemps habité à un numéro 24, j’ai acheté le terrain de ma maison un 24… et l’une de mes filles est elle-même née un 24 septembre, un peu avant Yoko.

    – Cette jeune aventurière incarne t-elle votre propre part féminine ? – Oui, bien sûr. Je peux lui faire dire des choses poétiques, sentimentales, qu’un héros masculin ne se permettrait pas. Yoko est l’amie que je n’ai pas eue dans mon enfance. J’étais fils unique, mon père était prisonnier de guerre des Allemands, et ma mère devait trimer à son salon de coiffure, à Verviers. Elle me houspillait : « Ce n’est pas avec tes petits avions ou tes bandes dessinées que tu vas réussir dans la vie ! » Je parlais très peu, je jouais dans le jardin avec des bocaux remplis de salamandres, et on n’abordait pas les filles avec la même liberté qu’aujourd’hui. Alors je me racontais des histoires où une petite s?ur venait se reposer sur mon épaule.

    – D’autres auteurs de bandes dessinées ont partagé leur carrière entre plusieurs héros. N’avez-vous jamais eu envie de changer d’univers ? – Si un personnage ne rencontre pas le succès escompté, je comprends qu’on aille voir ce qui se passe ailleurs. Mais Yoko ne m’a jamais trahie. Elle a encore beaucoup de facettes à me faire découvrir. J’ai pourtant abordé un travail un peu différent, en écrivant deux vrais romans, d’abord publiés chez Duculot, et maintenant repris par Casterman. Le premier, « Le pic des ténèbres », m’a valu le prix de science-fiction française 90 – et n’a rien à voir avec Yoko. Le second, en revanche, raconte son enfance ; avec « L’écume de l’aube », j’ai ainsi pu rentrer dans son c?ur, ses sentiments, son âme. Je l’ai illustré, celui-là, et j’en prépare un troisième. Pour être honnête, je continuerai à privilégier les bandes dessinées, ne serait-ce que pour une simple question matérielle. Je suis à peu près sûr de vendre 120.000 copies d’un nouvel album de Yoko dans les six mois qui suivent sa parution, plus les 50.000 de l’édition irlandaise. Alors que j’arrive aujourd’hui à 12.000 exemplaires du premier roman.

    – De quel album de Yoko êtes-vous le plus fier ? – Le mot « fier » ne me convient pas vraiment, mais il y a un album « clef de voûte », du côté des histoires fantastiques, qui est « La frontière de la vie ». « Les titans », aussi, pour la science-fiction, à bénéficié de ma passion pour les insectes…

    – Où entraînerez-vous Yoko pour sa vingt-deuxième aventure ? – En Chine. Elle va rechercher le tombeau de la troisième épouse d’un empereur. Elle voudra remonter le temps pour modifier quelque chose dans le cours de l’histoire, et devra s’opposer à son amie Monya pour cela. Je vais dessiner une nouvelle page de garde, qui sera plus assortie avec l’ouverture de l’album. Je suis allé sur place pour des repérages ; j’en ai ramené un sale virus, d’ailleurs…

    – Vos décors sont toujours très soignés. Partez-vous à chaque fois sur place pour ramener des documents photos ? – Pas systématiquement. J’ai vu Bali pour « Le matin du monde ». Pour « L’Astrologue de Bruges », j’étais seulement à une heure de voiture… Pour l’Écosse de « La Proie et l’ombre », j’ai fabriqué la maquette du château à partir de différentes brochures touristiques. J’ai des souvenirs très émouvants de certains repérages. À Cologne, pour « L’or du Rhin », je suis entré dans la Cathédrale alors que les enfants de la ville y étaient réunis, cierge en main. Ils priaient pour la paix dans le Golfe, mais la guerre allait être déclarée le lendemain. Moi, j’avais vu cette cathédrale au lendemain de la seconde guerre, dressée, seule, parmi les cendres de la ville rasée… Pour « Le dragon de Hong-Kong », aussi, j’ai de merveilleux souvenirs : je me suis mis à pleurer en voyant, de la fenêtre de mon hôtel, une petite jonque blanche entrer au port entre deux destroyers américains. Une jeune chinoise qui me servait de guide m’a dit qu’en une semaine, je lui avais davantage appris que son père, qu’il ne fallait pas que je pleure parce que j’allais parler de Hong-Kong… Maintenant, même si je voyage en simple touriste, je prends beaucoup de photos, au cas où une idée d’aventure germerait ensuite. J’ai un téléobjectif qui me permet de photographier les gens de loin, sans les déranger dans leur vie quotidienne.

    Yoko et Myna

    – Voyagiez-vous déjà pour les décors de Tinin, du temps du Studio Hergé ? – Non, pas du tout. Dans « L’affaire Tournesol », lorsque Tintin vole un char pour échapper aux Bordures, j’ai travaillé de mémoire, puisque j’étais chef de char pendant mon service militaire. Hergé travaillait surtout sur documentation. L’île de « Vol 714 pour Sydney » était complètement inventée, comme l’Himalaya de « Tintin au Tibet ». À propos de cet album, d’ailleurs, on glose beaucoup sur l’idéal de pureté, la recherche personnelle d’Hergé, mais la vérité est plus simple. Appâté par le bouquin d’Heuvelmans sur le sujet, il voulait mettre Tintin sur les traces d’un animal légendaire, et seul le Yéti était crédible.

    – Parmi les caractéristiques de votre style, il faut noter la finesse des couleurs. Comment les travaillez-vous ? – Je colorie au crayon des photocopies format A3 des planches terminées. Je les garde ensuite, car ça donne un assez bel aspect velouté, mais c’est le studio Leonardo qui finalise. Carla, la femme de Vittorio Leonardo, travaillait à la gouache jusqu’au vingtième album. Ils m’ont alors proposé de passer au coloriage par ordinateur. J’avais peur que le résultat soit froid, mais en fait, on évite ainsi tout décalage entre les pigments naturels des peintures et les capacités de l’imprimerie. J’ai envie de recolorier d’anciens albums, pour ne plus voir de Vinéens bleu Schtroumpd ou de décors qui changent subitement de ton selon la page – mais il vaut peut-être mieux que je me consacre à de nouvelles histoires. Honnêtement, je trouve que « La porte des âmes » est à ce jour l’album le plus propre en termes de coloriage. Carla perçoit très bien le côté sentimental de Yoko, elle sait bien le faire passer dans sa palette.

    – J’imagine que vous recevez un courrier assez insolite… ? – Des lettres charmantes, le plus souvent. Un jour de cafard, sous un ciel très gris, j’ai reçu une lettre d’une petite polynésienne. Elle me demandait simplement quand sortirait le prochain album de Yoko, mais ça m’a remis le moral d’aplomb et je lui ai répondu. Elle m’a renvoyé une longue carte postale panoramique qui disait « Je t’envoie tout le soleil de mon île ». De façon générale, les lectrices réclament souvent des aventures dans l’espace, alors que les garçons préfèrent les albums « terriens ».

    – Avez-vous une vision à long-terme de l’évolution de Yoko ? – J’aurai 63 ans le 17 novembre prochain, vous savez. À cet âge-là, on ne fait plus de plans sur la comète – d’autant que je me suis fait quelques frayeurs côté santé, dernièrement. Travailler sur une aventure de Yoko me prend 70 heures par semaine : pour « La porte des âmes », je suis à peine sorti dans mon jardin entre janvier et juin dernier. C’est un peu à cause de ça que j’ai abordé le roman : si ma main droite ne répondait plus aussi bien, je pourrais toujours dicter des phrases. J’ai une autre histoire en réserve, un peu « à la Buck Danny », mais aujourd’hui, les avions n’exercent plus la même fascination sur les jeunes. C’est devenu quelque chose de quotidien, presque banal. En même temps, on ne peut pas lutter avec les dinosaures de Spielberg ou les space-operas de Lucas. Le moindre de leurs effets spéciaux sera toujours plus impressionnant que le meilleur dessin. Je vais donc continuer à développer un style de science-fiction personnel, plus poétique, pour Yoko. Car je vais mettre plus que jamais toute mon énergie dans ses aventures.

    propos recueillis par Pierre Fageolle. Publiée dans Le Quotidien de Paris du 17 septembre 1996.

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    Parodies de Yoko – 1

       Dans cet article, vous allez retrouver de nombreuses qui ont été faites sur Yoko   

        Le journal de Spirou avait un supplément encarté nommé « Le pirate » qui proposait toute les semaines une parodie d’une série du journal. Cette parodie est parue dans le journal de spirou N°2252 du 11 Juin 1981. Le dessinateur de cette parodie est Cossu. Il est surtout connu pour une série dessinée avec Berthet « Le marchand d’idées » parue chez Glénat dans les années 80. Pour cette parodie il s’est visiblement servi de dessins des albums de Leloup qu’il a retouché.

        L’autre grande vedette féminine de Spirou à l’époque c’est Natacha hôtesse de l’air dessinée par Walthéry et son ami, collégue et faire-valoir comique était Walter, steward amateur d’horribles jeux de mots… Quand à la dernière case c’est une référence à Derib et à sa série Buddy Longway où il marie son héros, c’est aussi une référence au grand Windsor McCay et sa série sur les cauchemars d’un amateur de fondue.

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    Merci à Renaud

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    Les télécommunications par Roger Leloup

        Un petit article sur une série de 6 fiches techniques parues dans le Journal Tintin en 1958… Il y a tout juste 45 ans.

        Roger Leloup avait en charge les fiches techniques du journal Tintin voici donc une série de 6 planches sur le thème, Les télécommunications parues sur 6 semaines entre février 1958 et avril 1958, du numéro 488 au numéro 493. Roger Leloup avait 25 ans à cette époque.
    Bonne lecture.

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    Page 1 – N°488 27 février 1958

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    Page 2 – N°489 6 mars 1958

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    Page 3 – N°490 13 mars 1958

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    Page 4 – N°491 20 mars 1958

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    Page 5 – N°492 27 mars 1958

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    Page 6 – N°493 3 avril 1958