Articles Spirou

Rubrique regroupant les articles parus dans le magazine Spirou.

  • Articles Spirou

    Spirou N°3899

    Merci à Mich pour cet envoi.
    Cliquez ici por consulter l’article scanné.









    En lançant la nouvelle
    formule pour les 70 ans
    de SPIROU en avril 2008, le nouveau
    rédac¬
    teur en chef Frédéric Niffle instaurait, en
    page 4 du
    journal, une nouvelle rubrique : une
    interview des auteurs de la grande
    série à suivre pré¬
    sentée en large chapitre en début du journal.
    Pro¬
    gressivement, cette page d’introduction s’est muée
    en interview
    “making of’, les dessinateurs et scéna¬
    ristes commentant librement le
    processus d’élabora¬
    tion des séquences de leurs albums.


    Un
    making of pour fêter
    les 35 ans de
    Yoko
    Tsuno


    En
    réalité, ce principe avait déjà été mis en pra¬
    tique trois ans plus
    tôt, en mai 2005, pour célébrer le
    retour d’une Japonaise très aimée
    des lecteurs, Yoko
    Tsuno. Anticipant de quelques mois le 35e
    anniver¬
    saire de l’héroïne (Yoko est apparue pour la première
    fois
    en septembre 1970 dans SPIROU), le rédacteur
    en chef Patrick Pinchart
    et son adjoint Olivier Van
    Vaerenbergh décident d’accompagner la
    prépublica¬
    tion du 24e album de la saga,
    Le
    Septième Code

    d’une
    série d’articles intitulée
    L’aventure
    d’une aventure
    pendant
    toute la durée de cette parution en épisodes,



    soit pendant douze
    semaines !
    Avec force croquis, crayonnés et
    vignettes issus des
    différents al¬
    bums , ces articles vont, pour la
    première fois,
    faire véritable¬
    ment découvrir le perfection¬
    nisme méticuleux de
    Roger
    Leloup. Un perfectionnisme qui
    le place d’ailleurs parfois
    dans
    une situation délicate : «Mon
    drame avec
    Yoko, c’est que
    les
    détails y sont tellement réa-


    listes que les lecteurs ont
    l’impression que
    tout est vrai » explique-t-il. « Or, il faut laisser
    une
    place au rêve. Je ne représente pas systématique¬
    ment la
    réalité, beaucoup de choses sont inventées. »
    Le
    Septième Code

    est un épisode important dans la
    saga de la charmante Nippone : c’est
    dans cette aven¬
    ture que Yoko Tsuno fait la connaissance
    d’Émilia,
    une adolescente qui ne l’a plus quittée depuis. «
    De
    nombreuses lectrices me faisaient part de leurs émo¬
    tions quand
    elles lisaient les aventures de Yoko, étant
    ados » avoue Leloup. «
    Lentement, l’idée a germé en



    moi.
    Et le personnage de cette nouvelle héroïne s’est
    imposé. » Si Yoko est
    sage et posée, Émilia, c’est tout
    l’inverse : elle est frondeuse et
    impulsive. « Émilia a
    un caractère bien trempé » poursuit l’auteur.
    «Elle
    est très spontanée, comme beaucoup de jeunes filles
    de cet
    âge. Je n’ai d’ailleurs pas eu à aller très loin
    pour imaginer sa
    personnalité, il m’a suffi d’observer








    À
    l’instar de ses aînés Hergé ou Jacques Martin, on découvre que
    Leloup
    effectue un crayonné très poussé et très clair avant de
    passer à l’encrage.


    ma
    famille ! J’ai voulu lui donner un tempérament
    fort, capable de
    seconder Yoko mais aussi de la
    dépasser quand c’est nécessaire.
    »


    Âgé de 72 ans lorsqu’il
    réalise
    Le
    Septième Code,
    Roger
    Leloup connaîtra presque une deuxième jeu¬
    nesse en adjoignant ce
    personnage d’Émilia à Yoko.
    Et avec cette série d’articles, les
    lecteurs ont le senti¬
    ment de rentrer dans l’intimité d’un créateur
    discret,
    et qui perpétue une tradition d’une bande
    dessinée
    solidement documentée, à l’image de celle d’Hergé
    dont il
    fut, faut-il le rappeler, l’assistant.
    HUGUES
    DAYEZ



    Voici un article d’Hugues DAYEZ pour la rubrique « Les aventures d’un journal » tiré du Spirou N°3899 du 2 janvier 2013.

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    Peut-on remonter le temps?

     

    Voici un article paru dans le magazine Spirou N°2189 datant de 1980. Merci à Stephan.

     

    La nouvelle aventure de YOKO TSUNO, que vous allez découvrir à la page suivante, s’intitule LA SPIRALE DU TEMPS. Je peux vous le dire, car j’ai vu les prochaines planches de cette histoire (hé, hé) : Roger LELOUP va vous étonner par sa manière d’interpréter la machine à remonter le temps.
    Reste la question fondamentale : la machine à remonter le temps est-elle possible ou ne sert-elle qu’à peupler les rêves de savants farfelus ?
    Les « pour »
    et les « contre »
    Le gros argument contre s’est basé longtemps sur la physique. Le principe du voyage dans le temps se base sur la vitesse de la lumière. On sait que la lumière se déplace dans l’espace à une vitesse de 300.000 km à la seconde. Ce qui signifie qu’une lumière allumée en un point A sera perçue, une seconde après, en un

    point B situé à 300.000 km du point A. Par conséquent, si un engin parvient à se déplacer à plus de 300.000 km à la seconde, il arrivera au point B avant d’avoir quitté le point A ! Bon. j’arrête de me prendre pour un prof de physique… Le gros argument « contre », c’est que l’engin devrait se déplacer à une vitesse telle qu’aucun métal ou matériau connu à ce jour ne résisterait à la chaleur (le prof de physique : le frottement de l’air sur un métal se transforme en chaleur).
    Mais celle objection est balayée par un argument « pour » : rien n’empêche de croire qu’on ne trouvera pas un jour l’alliage miracle permettant de résister à des températures inouïes. On croit dans les bienfaits de la science ou pas…
    L’objection majeure
    Ben. oui… Il y a une objection majeure. Si, dans l’avenir, nos arrière-arrière-arriére-petits-en-

    fants seront parvenus à construire la machine à remonter le temps, comment se fait-il qu’ils n’aient pas eu la bonne idée de s’arrêter à notre époque ?
    De deux choses l’une : ou bien il est impossible de construire une machine à remonter le temps, ou bien nos descendants n’ont pas eu le temps de la mettre en chantier, ce qui implique que le genre humain aurait disparu dans un avenir relativement proche ou serait retombé à un état demi-sauvage ? Brrrr…
    Et si pourtant ?…
    Il reste que nous ne sommes qu’à l’aube de découvertes capitales sur les relations qui existent entre le temps et l’espace. N’at-on pas parlé des fameux trous noirs, dont on ne sait presque rien, ce qui permet de dire que tout y est possible…
    Quoi qu’il en soit, rendez-vous dans l’avenir ! Ou dans le passé. Et de toute manière, avec YOKO !

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    La Naissance de Yoko Tsuno

    Voici un article tiré du journal Spirou N°2132. Il date du 22 février 1979 et est signé de Fantasio, c’était à l’époque la sortie de la Lumière d’Ixo.Signalons au passage, un doute sur Monsieur Bouffu de Francis Bertrand, cité dans cet article, il s’agit plutôt de Monsieur Bouchu. Merci à Renaud, pour cet article.

    Quelques chiffres : 1933, naissance de Roger Leloup à Verviers (Belgique). Etudes d’arts décoratifs et de dessin publicitaire. 1955 : il entre au studio Hergé. 14 années : pendant lesquelles il collabore aux séries « Tintin » et « Alix ». 1968 : pendant la nuit de Noël, il crayonne un personnage. C’est la
    première esquisse de Yoko Tsuno. 1969 : départ du studio Hergé. Collaborations avec Francis Bertrand (« M. Bouffu », « Les Penseurs de Rodin » pour le journal J2), et Peyo, dont il anime les personnages de Jacky et Célestin, ceux-là mêmes dont vous avez pu lire les aventures dessinées par Walthéry.1970 première aventure de Yoko sur scénario de
    Maurice Tillieux.
    ?
    J’ai presque honte à vous présenter Roger Leloup. Devrais-je encore insister sur son sens du détail vrai, de la vraisemblance des scénarios, de la méticulosité des décors ? Il ne s’agit pas de se perdre dans des exercices d’autosatisfaction spiroutienne. Quelques documents valent mieux que toutes les phrases, les rétrospectives ennuyeuses.
    Roger Leloup: «Alors que je dessinais « Jacky et Célestin », j’avais créé le personnage d’un Japonais bète et adipeux. Il avait inventé une araignée volante (thème dont je me suis servi plus tard pour les aventures de Yoko) ; il ne savait qu’en faire et Jacky se proposait de l’aider. Mais il manquait un élément de liaison entre le Japonais et mes héros : je lui adjoignis une s?ur. C’était l’ancêtre de Yoko, dont le nom m’a été inspiré par l’actrice de cinéma Yoko Tani. »
    «A la Noël 1968, mes enfants souffraient d’une intoxication alimentaire. Un réveillon raté. J’ai crayonné un personnage : Yoko. Un an plus tard, à la veille de Noël, Monsieur Dupuis a accepté qu’elle devienne une héroïne du journal de Spirou. Le 24 septembre 1970, elle débutait sa carrière ! »
    o Suite page 55.

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    La Mode Yoko

    Voici un petit article extrait du Spirou n°2244 du 16 avril 1981. C’est dans ce numéro qu’apparait le première planche de La proie et l’ombre.

    La maquette du Chateau de Cécilia
    La semaine dernière, on vous faisait découvrir les œuvres de nos lecteurs maquettistes. Les Petits Hommes, le Scra-meustache : ils vous inspirent particulièrement !
    Yoko Tsuno, dont on fête le retour cette semaine et la parution de son dernier album LA SPIRALE DU TEMPS, a elle aussi ses fervents admirateurs. Ils rivalisent d’ingéniosité lorsqu’il s’agit de reproduire les engins des Vinéens. Nous n’avons pas encore eu un modèle réduit de L’ORGUE DU DIABLE, mais on ne désespère pas.
    Maquettistes, à vos cartons, vos pots de colle !
    Pour le château que vous allez découvrir dans LA PROIE ET L’OMBRE, c’est trop tard : Roger Leloup, soi-même; l’a réalisé ! Roger Leloup, qui l’ignorait, est un amoureux du détail vrai. Lorsqu’il dessine un château, ce n’est pas n’importe quel château. Il sort
    La Mode Yoko
    droit de son imagination ! Encore faut-il que Leloup ne se perde ni dans les méandres de son imagination ni dans les couloirs de « son » château… « Le meilleur moyen, dit-il, c’est de construire une maquette. Là au moins, on roule sur le velours. » Le résultat, le voici.
    Quant à la mode Yoko pour ce printemps et une bonne partie de l’été, Roger Leloup l’a élaborée lui-même. C’est vrai, nous en avions assez de faire appel aux grands couturiers pour habiller nos héroïnes.
    Le dernier Yoko Tsuno ? Du cousu main !
    La mode printemps en 1981
    Recette
    Demandez au boucher de désosser un kilo de carré de porc, mais de ne pas le ficeler, prenez aussi les os.
    Faites tremper 175 g de pruneaux, dénoyautez-les. Etalez la viande, salez et poivrez l’intérieur, posez quelques pruneaux dénoyautés, roulez et ficelez. Faites dorer te carré de porc dans du beurra dans une cocotte ; lorsque tous les côtés sont dorés, mettez les os et mouillez d’un demi-verre de bouillon. Laissez cuire doucement pendant 45 minutes environ.

  • Articles Spirou

    Yoko à Bali

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    Voici un article de Spirou, le numéro 2613, qui date de 1988, qui nous a été envoyé par Stéphan.En fait dans ce même numéro il y a un autre article, Les Abeilles de Roger Leloup.
    Notez aussi que les photos de cet article sont de Roger Leloup.
    BONS BAISERS
    DU SOLEIL LEVANT!
    Réjouissez-vous, honorables lecteurs : la délicieuse Yoko Tsuno est de retour avec Le Matin du monde. Plongez avec elle dans les affres du passé pour y sauver la vie d »une jeune fille. En page 5, une rencontre avec Roger Leloup San, le papa spirituel de Yoko.
    Dans ce numéro, vous découvrirez également la passion de Leloup pour les abeilles, et vous aurez l »occasion de remporter des ALBUMS de Yoko Tsuno.
    Sayonara.
    Spirou

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    Le Magnétoporteur existe…











    Voici un article de Charles Jadoul du
    journal Spirou N°1786, qui date du 6 juillet
    1972.



    La réalité court de plus en plus sur
    les talons de la science-fiction. Toutes les
    prévisions d’un Jules Verne sont aujourd’hui dépassées.
    L’étrane et merveilleuse machine imaginée par
    Roger


    Leloup pour transporter Yoko Tsuno et
    ses amis dans les entrailles de la Terre vous a sans doute fait rêver… et
    pourtant… la réalité dépasse décidément la fiction ! Jugez-en
    !


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    TOUT change, tout bouge. Le progrès a le mors aux dents- Pourtant,
    tout ne va pas pour le mieux dans le meilleur des mondes techniques. Prenez
    l’automobile. Elle est devenue un fléau dans noire monde occidental Elle pollue
    l’air, fait infiniment plus de victimes à elle seule que tous les autres moyens
    de transport réunis et elle coule cher. Non seulement a ceux qui l’acquièrent et
    la font rouler, mais au Trésor public, contraint l’entretenir un réseau routier
    pléthorique et de construire en toute hâte des .kilomètres d’autoroutes qui,
    aussitôt achevées, sont déjà insuffisantes. Nos villes sont éventrées,
    défigurées par les voies de pénétration rapide et les parkings monstrueux. Les
    citadins étouffent. Chaque jour, d’énormes embouteillages bloquent les usagers
    des heures de pointe. El pourtant, il y a chaque jour davantage de voitures en
    circulation. A l’heure ou presque tout le monde est motorisé, il n’est plus rare
    de voir des ménages possédant deux, voire trois voitures. Le temps viendra — et
    plus tôt que d’aucuns le pensent — où tout le système routier sera bloqué. Où
    toute circulation sera impossible…




    AUTOROUTES urbaines, zones bleues, parkings de dissuasion, sens
    uniques et limitations de vitesse ne sont que des palliatifs. Il n’exista qu’un
    moyen, un seul, d’éviter embolie du réseau routier : la suppression de la
    voiture particulière et le retour à l’utilisation généralisée des transports en
    commun. Cela, il y a longtemps que les experts le savent. El savent qu’il
    faudra, un jour, s’y décider.

    De leur côté, les industriels ne restent pas inactifs. Tandis que
    tes ingénieurs s’évertuent à rendre la voiture de plus en plus perfectionnée et
    bon marché, d’autres bureaux d’études se penchent sur ce que sera le véhicule de
    demain. L’aviation n’est pas la seule à avoir confie un développement
    spectaculaire, lent dans le perfectionnement des appareils que dans
    l’accroissement du trafic Les chemins de fer, qui finiraient en décadence,
    semblent reprendre du poil de la bête grâce aux rapides confortables et à
    diverses innovations, comme l’Aéro-train et le Turbo-train La puissance de
    traction actuelle est telle qu’on ne pense plus en taux de pente, mais en rayon
    de courbe. Alors qu’on n’a pas cesse de supprimer des lignes depuis la guerre,
    voilà qu’on se met a en créer de nouvelles, comme Paris-Lyon, par exemple. C’est
    bon signe.

    Beaucoup de villes creusent des réseaux métropolitains; celles qui
    en possédaient déjà — souvent depuis le siècle dernier — modernisent leur
    matériel et créent de nouvelles lignes…



    Un compromis.


    Tous ces progrès, aussi spectaculaires soient-ils, ne réussissent
    pas — et ne réussiront pas — à résorber un trafic automobile qui s’enfle de plus
    en plus démesurément et court vers sa propre perte pour cause de
    prolifération

    II existera toujours, certes, des véhicules particuliers. Médecins,
    dépanneurs en tous genres, pompiers, ambulanciers, policiers et informateurs —
    pour ne citer que ceux-là — devront par définition conserver leur liberté de
    circulation On peut par contre prévoir la suppression des transports routiers
    aux longs cours et, parallèlement, la subsistance d’un indispensable et
    important service local de distribution de marchandises II est possible que
    certains produits soient d’ailleurs bientôt acheminés par transporteurs à bandes
    roulantes, par circuits pneumatiques ou par de vulgaires conduites. On peut
    aisément imaginer que toute la distribution des hydrocarbures se fasse à l’aide
    d’oléoducs se ramifiant en conduites particulières. On le fait bien pour le gaz
    et pour l’eau.

    Reste l’usage privé, qui sera tôt ou tard débarrassé de sa voiture
    personnelle, qu’il soit représentant, travailleur allant et revenant de son lieu
    d’occupation, ou simple promeneur du dimanche. Qu’il se rassure, on pense à
    lui.

    Il bénéficiera tout d’abord — et dans un temps pas très lointain de
    puissants moyens de communication à côté desquels l’unique système actuellement
    répandu, le téléphone, semblera tout à coup préhistorique Grâce au
    vidéo-téléphone, de nombreuses professions pour lesquelles un contact visuel est
    nécessaire, deviendront sédentaires, ou presque. La plupart des représentants
    pourront travailler à domicile ou au siège de l’entreprise. Grâce au terminal
    d’ordinateur, la plupart des démarches si nombreuses de la vie courante pourront
    se faire d’un fauteuil. Plus besoin de passer à la banque, au bureau des
    contributions, au centre d’achats. Du moins, plus aussi souvent. L’ère du
    pousse-bouton se dessine et révolutionnera noire vie beaucoup plus tôt que nous
    le pensons.

    N’empêche qu’il faudra toujours se déplacer. La grande majorité des
    automobilistes d’aujourd’hui sera t elle condamnée à utiliser exclusivement les
    transports en commun… ou les taxis? II semble que non. Car quelles que soient
    les améliorations que connaîtront les réseau » publics, ils n’auront jamais ni la
    fréquence ou la souplesse voulues pour répondre à tous les besoins. La solution
    de l’avenir doit prévoir un compromis entre le véhicule individuel que nous
    connaissons — et dont la plupart des utilisateurs ne se servent qu’une heure ou
    deux par jour en moyenne, et souvent même beaucoup moins
    — et la facilité des
    déplacements individuels.

    Voici un article de Charles Jadoul du journal Spirou N°1786, qui date du 6 juillet 1972.

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    Les Abeilles de Roger Leloup

    Les Abeilles de Roger Leloup

        Se sentant un peu seul, Roger Leloup a adopté 80 000 abeilles. Pourtant c’est très éprouvant pour les nerfs d’être survolé par une escadrille de 80 000 abeilles! En un rien de temps et sans beaucoup d’efforts, ces aimables petites bêtes pourraient vous transformer en un homme (ou une femme) élépant particulièrement gâtée(e) par la nature…

         Roger Leloup: « J’adore les insectes depuis que je suis petit. J’ai commencé par collectionner les fourmis… J’avais construit des fourmilières artificielles! J’ai aussi collectionné les papillons et les coléoptères. Les abeilles, c’est venu à l’époque où j’ai dessiné la première histoire de Yoko. Je m’en suis inspiré pour créer le monde des Vinéens. ce qui me fascine, c’est l’étude de la socièté de l’abeille. cela dit, j’avoue que quand j’ai ouvert pour la première fois le plafond de ma ruche que j’ai sorti les cadres et que je me suis trouvé face à 30 000 abeilles, j’ai été impressionné. »

         Roger Leloup a trois ruches. A peu près 80 000 abeilles. Selon lui, cela ne représente pas grand-chose.

    « Dix mille abeilles font un kilo. Disons, si c’est moins impressionnant, que je suis propriétaire de huit kilos d’abeilles! Je ne fais pas l’élevage d’abeilles pour avoir du miel. Encore qu’elles m’en aient déjà donné vingt-huit kilos! C’est toujours bon à prendre…. »

         On peut se demander ce qu’il y a de si passionnant à observer des abeilles.

         « Ca vole, c’est propre, c’est indépendant, mais ça revient toujours à la ruche. elles forment une communauté parfaire. Leur vie communautaire et leur organisation me fascinent. Il y a une âme dans une ruche, c’est ce qui m’intéresse.

     

         « C’est ma ruchette d’expérimentation. Elle est installée dans mon bureau et est reliée à l’extérieur par un petit tube qui permet la sortie des butineuses… »

         Le monde de l’abeille est un monde implacable où il n’y a pas de place pour des faibles. Quand les mâles deviennent inutiles, on ne les nourrit plus, c’est une façon élégante de les éliminer. Et si la reine devient moins féconde, on l’expulse. Il n’y a que ce qui est fonctionnel qui est accepté dans la ruche…

         Quand j’ouvre le toit de ma ruche, je me trouve propulsé au coeur d’un autre monde, au milieu d’une communauté bien structurée, parfaite. Et c’est cela qui m’enchante… »

    Propos recueillis par Luce

         Dans  » Du miel pour yoko », notre héroïne a eu affaire à des abeilles porteuses de microfilms! (Album « Aventures électroniques« ).

    Extrait du Spirou 2613 page 11

     

     

     Vous pouvez télécharger l’original de l’article ici.

     

     

     

     

     

     

     

  • Articles Spirou

    Yoko de Charme et de Coeur (1/11)

    Ceci est un article publié dans ce spirou en 1991 pour son vingtième anniversaire…

         C’est en 1968, la nuit de…Noël, que Roger Leloup esquissa pour la première fois le délicat minois d’une jolie japonaise. Ainsi s’amorçait, comme un conte de fées, la brillante carrière de l’une des plus célèbres héroïnes de la bande dessinée: Yoko Tsuno.

         Son papa n’était pas un débutant. Formé à la dure école d’assistant chez Jacques Martin (le dessinateur d’Alix, pas l’autre!), puis chez Hergé en personne, il devint, en quinze années de travail dans l’ombre, un spécialiste des décors et des dessins techniques: les avions de « l’île noire », c’était lui; la gare de Nyons dans « L’affaire Tournesol », également. Comme de nombreux travaux ingrats qui lui apprendront la rigueur du métier.

     

    Tous les tintinologues reconnaîtront cet écorché. Il s’agit du jet du milliardaire Carreidas, dans « Vol 714 pour Sydney ». Roger Leloup, on le voit, ne faisait pas les choses à moitié! Un souci minutieux du détail qui ne le quittera jamais.

         C’est grâce à sa rencontre avec Peyo, qui l’emprunta à Hergé, qu’il atterrit chez Spirou (A vous de deviner quelles pages des Schtroumpfs il réalisa!). Yoko était apparue, une première fois, comme personnage secondaire dans une série peu connue de notre grand schtroumpf: Jacky et Célestin. La jeune fille avait enthousiasmé Roger Leloup au point qu’il prit, d’une main, son courage, et de l’autre, une première ébauche du « Trio de l’Etrange » et qu’il alla frapper à la porte des Edîtions Dupuis, Son projet fut accepté la veille de… Noël 1969 !

    La première mouture de Vic et Pol, qui devaient à l’origine être les personnages principaux de récits fantastiques.

     

     

     

    Telle était Yoko Tsuno – première version – en 1968. Elle était alors la soeur d’un électricien japonais gros et flasque.

         Un an plus tard, Yoko faisait sa première apparition dans Spirou. Le 24 septembre 1970, exactement vingt années avant le démarrage des « Exilés de Kifa ». Un nouveau nom apparaissait au panthéon des rares héroïnes de la BD. L’immense succès, qui accueille depuis chacun de ses albums, annonce qu’elle y restera encore longtemps. Le conte de fées n’est pas près de s’interrompre.