Yoko dans les médias

Cette rubrique rassemble les articles parus dans des magazines, journaux et autres.

  • Yoko dans les médias

    Le soir

    Merci à MICH pour cet envoi.
    Vous pouvez voir l’article scanné en cliquant ici.

    40
    LACULTURE


    Dans
    le grenier de Yoko


    BANDE
    DESSINÉE
    La
    collection vintage inédite des premiers albums de Yoko Tsuno









    >
       
    Yoko
    Tsuno est la pre¬
    mière héroïne de la ban¬
    de dessinée belge à
    avoir eu sa propre série.


    >
       
    «
    Le Soir » vous invite à découvrir ses secrets et ses 7 premières
    aven¬
    tures en version origina¬
    le.


    ENTRETIEN


    Tout
    môme, Roger Leloup a déjà l’½il méticuleux. A l’âgé des culottes
    de golf, il embrasse d’un coup de crayon
    L’histoire
    de l’aviation

    et
    L’histoire
    de l’automobile

    pour la collection des chromos Voir et Sa¬ voir du journal
    Tintin. En
    1953, il frappe à la porte des Studios Hergé, où le maître de la
    ligne claire lui confie le dessin des mi¬ traillettes, des gares ou
    du fau¬ teuil roulant du capitaine Had¬ dock. Il invente le jet
    Carreidas de
    Vol
    714 pour Sidney.


    En 1968,
    l’artiste quitte les Stu¬ dios Hergé pour créer sa propre série.
    S’il est très à l’aise dans les décors, il n’a jamais animé de
    per¬ sonnages. Qu’importe, il s’enchaî¬ ne à sa table à dessin et
    trouve son style. Yoko Tsuno devient bientôt l’héroïne préférée des
    lec¬ teurs du journal
    Spirou.
    L’aventu¬ rière japonaise a pour modèle Yoko Tani, une actrice
    française d’origine japonaise. Yoko Tani a eu son heure de gloire
    dans les bras d’Anthony Quinn, à l’affiche des
    Dents
    du diable,

    mais Roger Leloup va lui donner son meil¬ leur rôle, sous le
    pseudonyme de Yoko Tsuno…



    Vous
    avez débuté aux Studios Hergé. Votre style a été marqué par la ligne
    claire de Tintin ?


    Je
    n ’ai rien pris à Hergé. Aux stu¬ dios, j’étais chargé des décors
    et des engins. Ma mission était d’être le plus précis possible.
    Pour ce qui concerne le style, j’avais le mien. Il ne s’exprimait
    pas dans les cases de Tintin.


    Vous
    ne dessiniez pas de person¬ nages. Cela ne vous a pas posé de
    problème au moment de créer les vôtres ?


    Quand
    j’ai créé Yoko, j’avais une immense appréhension. Je de¬ vais tout
    faire tout seul et j’avoue que j’en ai pàrfois pleuré ! Ma main
    n’arrivait pas à tracer ce que je voyais dans ma tête. Dans le
    premier album, les décors sont parfaits car j’avais du métier mais
    les personnages ne collent pas toujours.


    En
    quittant Hergé, vous vous re¬ trouvez chez « Spirou », le
    con¬ current du journal « Tintin ».


    Vous
    avez été bien accueilli ?


    J’avais
    déjà des contacts avec cer¬ tains auteurs. Dupuis
    m’offi’ait l’occasion d’une vraie remise en question, de prouver que
    je pou¬ vais réussir quelque chose sans avoir d’Hergé dem’ere
    moi.


    On
    est au lendemain de Mai 68. Vous créez la première série tous
    publics dont l’héroïne est une femme. Mais vous ne faites pas de
    Yoko une fille sexy…



    COLLECTION
    VINTAGE


    Huit
    albums introuvables


    Les
    sept premiers albums de
    Yoko Tsuno, publiés entre
    1972 et 1977 aux
    éditions Du¬
    puis, sont parus sous une
    couverture souple.
    Aujour¬
    d’hui, les fans de la série
    se souviennent de ces titres
    my¬
    thiques… dont les pages se
    détachaient à cause de
    la
    mauvaise colle utilisée pour
    la reliure ! Cette
    collection
    vintage créée spécialement
    pour le journal
    Le
    Soir

    per¬
    met de les redécouvrir qua¬
    rante ans plus tard avec
    une
    émotion intacte. Un huitième
    volume totalement inédit,
    ré¬
    vèle les secrets de fabrica¬
    tion de la série retrouvés
    dans
    le grenier de l’auteur.


    1.
       Vendredi 5 octobre
    Le
    Trio de l’étrange


    2.
       Vendredi 12 octobre
    L’Orgue
    du diable


    3.
       Vendredi 19 octobre
    La
    Forge de Vulcain


    4.
       Vendredi 26 octobre
    Aventures
    électroniques


    5.
       Vendredi 2 novembre
    Message
    pour l’éternité


    6.
       Vendredi 9 novembre
    Les
    Trois soleils de Vinéa


    7.
       Vendredi 16 novembre
    La
    Frontière de la vie


    8.
       Vendredi 23 novembre
    Album
    bonus inédit
    Chaque
    album est vendu 6,9 euros hors prix du journal.

    Articles et interview sur et de Roger Leloup dans le journal “Le Soir” (Belgique) du 05-10-2012
    à l’occasion de la sortie des albums vintage (couverture souple)
    Opératon du Soir à partir de ce 5-10-2012.

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    Entrevue Cocktail

    Voici un article extrait de la revue québécoise Cocktail qui date de l’été 1982. C’est le n°6 et hélas le dernier numéro paru (info BD Québec). L’entrevue a été réalisé l’or du passage de Roger Leloup au Québec mais nous n’avons pas le non de son auteur.
    Merci à Richard Gendron qui nous a mis en page et envoyé cet article.
     
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    On a marché sur la bulle

    Voici l’interview tirée de la revue « On a marché sur la bulle » N° 8 parue en 2005. Remercions Yannick Bonnant auteur de l’interview et responsable de la revue qui nous a autorisé à le publier ainsi que Roger Leloup qui a, lui aussi, donné son accord.
    Merci à Richard Gendron qui nous a envoyé l’article et mis en forme.

    Pour le numéro 8, On a marché sur la bulle offre un ex-libris de Yoko avec la revue – prix 6.50 € (port compris).
    Si vous voulez vous procurer la revue il faut prendre contact avec On a marché sur la bulle,
    par courrier :
    OAMB
    Yannick Bonnant
    La chênaie longue
    35500 ST AUBIN DES LANDES

    Par mail :yannick.bonnant@tiscali.fr

    Pour la commande, il faut adresser une petite lettre avec vos coordonnées pour l’envoi, téléphone, mail (facultatifs) ainsi que les numéros des revues qui vous intéressent, et le règlement par chèque bancaire.

     

    La couverture

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    Des Livres et Des Jeunes

    Cet article est tiré de la revue littéraire québécoise Des Livres et Des Jeunes (N° 49-50 de l’été 1995) . Cet revue existe depuis 1978. Il est signé de Richard Langlois, c’est sa critique de L’astrologue de Bruges

    Merci à Frac pour nous avoir envoyé cet Article.

    LELOUP, Roger. L’astrologue de Bruges. Charleroi : Dupuis, 1994, 46 pages. (Yoko Tsuno; 20) Après La frontière de la vie, le septième album paru en 1977, ce vingtième album, L’astrologue de Bruges, constitue l’un des récits les plus captivants de la célèbre série «Yoko Tsuno», une héroïne dont le personnage s’est approfondi, d’une aventure à l’autre, pour devenir de plus en plus attachant. Impossible de tenter de résumer l’histoire à cause des nombreux rebondissements d’actions et d’un jeu narratif où s’articulent de façon complexe les notions de temps et d’espace. Grâce au translateur, la machine à voyager dans le temps (voir La Spirale du temps), nous sommes au XVIe siècle, époque de la Renaissance, considéré à juste titre comme le premier siècle moderne, avec ses Réformes religieuses, ses découvertes géographiques prodigieuses et, surtout, ses progrès scientifiques notoires dans le domaine de l’astronomie, de la physique, de la chimie et de la médecine.
    Comme au début de La frontière de la vie, c’est un archéologue qui ouvre la voie initiatique à notre héroïne en lui indiquant le chemin d’une mystérieuse crypte abandonnée sous la maison, non plus de la famille Schulz qui demeurait à Rothenbourg, mais sous celle d’un autre alchimiste, dénommé arbitrairement ici l’astrologue. Leloup avait d’abord donné comme titre à cet album L’Alchimiste de Bruges. Ce personnage du nom de Zacharius, comme beaucoup d’autres nouveaux personnages dans l’album, ne joue qu’un rôle de circonstance pour faire avancer rapidement le récit. Tous arrivent au bon moment sans explication, dévoilent à Yoko, par petites doses savamment dramatiques, tout ce qu’elle doit savoir et quittent la scène sans qu’on ait eu le temps de les connaître et encore moins de s’y attacher comme dans les albums précédents. En fait, le seul vrai personnage nouveau, le plus vivant et le plus intéressant, c’est la ville de Bruges, avec ses canaux sans âge, son architecture envoûtante et son contexte historique qui alimentent la légende et le merveilleux. Leloup avait pensé choisir Venise, mais il a préféré Bruges, d’abord pour des raisons de proximité : «J’aime avoir la ville sous la main quand je la dessine», mais aussi parce que cette ville a connu au XVIe siècle le début des guerres de religion, période marquée par le Diable qu’on voyait partout. Cette empreinte du Malin devient un thème important, obsédant même dès le début de l’aventure. Jos l’archéologue prend la peine d’avertir Yoko que certaines pierres ont gardé l’odeur du soufre et que quelqu’un, qu’elle va rencontrer, a signé un pacte avec le Diable. Thème faustien, soutenu par l’étrangeté du décor, notamment secret au nom évoca-teur, la «Tombe du Diable».
    L’une des grandes forces de Roger Leloup, à l’égal de deux autres grands maîtres du fantastique, Jean Ray et Edgar-Pierre Jacobs, c’est l’art de rapprocher la science contemporaine aux connaissances oubliées des temps anciens. Cette impressionnante magie narrative et graphique qui efface la frontière du temps donne au récit un pouvoir symbolique qui nous hante. Une simple case, la dernière de la page 35, concrétise avec un rare bonheur l’amalgame d’univers inoubliables, riches en interprétations multiples. Nous sommes en 1545. Yoko Tsuno, vue de dos, remonte un passage souterrain en spirale pour aller rejoindre son hôte diabolique, le marquis de Torcello, déguisé en astrologue. Notre courageuse héroïne vient de quitter Balthazar, l’alchimiste à la main droite artificielle et mécanique. Elle s’empêtre dans sa robe de théâtre Renaissance, emportant des objets mystérieux : attaché à sa main gauche, un faucon borgne, sensible au seul son de sa voix féminine et orientale, tandis que l’autre porte une précieuse croix sertie de bijoux et une chandelle allumée qui donne un éclairage expressionniste. Dans un petit sac attaché à sa ceinture, une fiole verte remplie d’un bouillon de culture à base de sang de rat contient le virus de la peste… Comme si cette fiole apocalyptique n’était pas suffisante pour hanter notre imagination, nous savons que le même sac renferme un rubis maléfique au nom sinistre de «L’Œil de Satan». Dans la même case, soulignons la symbolique de la septième marche sur laquelle Yoko pose le pied et le sombre présage d’un bras sans main dessiné à contre-jour sur la paroi de la tour. D’un bout à l’autre de l’histoire fourmillent des détails insolites, riches en interprétations infinies et toujours en concordance avec un scénario génialement construit.
    C’est un album d’une séduction indéniable. Au cœur de Bruges, la grande vedette qui a traversé plus de 400 ans en gardant toute sa magnificence, Yoko rencontre une jeune bouquetière du nom de Mieke, qui lui apparaît comme un ange envoyé du ciel; son compagnon de longue date, Pol, deviendra amoureux de cette dernière et l’amènera au XXe siècle. La dernière onomatopée dessinée, en voix «off», est celle du baiser discret qu’échangent Pol et Mieke. L’image de cette dernière case nous laisse très songeur avec le gros plan des visages rapprochés, comme pour un portrait de famille, de Vie, de la jeune Rosée et de sa mère adoptive Yoko qui prend la peine de nous dire : «… même l’océan se noie dans une goutte de tendresse». Dans cette dernière aventure, Yoko a peut-être séduit le Diable, mais chose certaine, Roger Leloup demeure le plus grand séducteur, celui qui a réussi à partager avec nous son regard merveilleux, enchanteur et humaniste sur un monde où il est permis de rêver et d’aimer sans frontière.
    (À la fin de cet album, 24 pages supplémentaires constituent un dossier abondamment illustré et judicieusement intitulé : «Le monde fabuleux d’un personnage hors du commun, Yoko Tsuno : le langage du cœur».)
    A partir de 8 ans.
    Richard LANGLOIS
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    Quelques ouvertures symboliques dans La frontière de la vie

    Cet article nous a été envoyé par Richard Gendron que nous remercions et citons :

    “Toujours provenant de la revue Solaris, un article écrit par Richard Langlois sur La frontière de la Vie. L’article s’inscrivait dans un spécial BD Science-Fiction et Fantastique (Solaris #60, vol.10, no.6, mars-avril 1985, p.38-39).”

    Quelques ouvertures symboliques dans « La frontière de la vie »
    de Roger Leloup
    par

    Richard LANGLOIS

    La couverture de La frontière de la vie

     

    passer sous la tour” comme première épreuve initiatique, la deuxième épreuve est une ruelle du nom “d’alter keller(vieille cave), pour en arriver à la schmiedgasse(ruelle de la décision). Cinq minutes après, Yoko incante des chiffres magiques: “22…24 !… “  
     

    Tout cela dans un décor où s’élèvent de nombreuses tours silencieuses et non habitées, signes de vigilance, de protection, de lieux cachés. Le souci topologique rejoint le souci narratif; un détour de sens s’effectue constamment à l’ombre des tours. On déplace inconsciemment notre regard neutre pour mettre en branle toute la mémoire d’un monde secret; celle qu’on perdit lors de la construction de la tour de Babel. Nous sommes à la recherche d’un langage perdu. Ces élévations construites à l’époque où les alchimistes cherchaient une transmutation matérielle et spirituelle traduisent bien le trait d’union entre la terre et le ciel. Les poursuites nocturnes sur les remparts, aux pieds des tours rondes et carrées, n’aboutissent jamais. Lorsque l’on veut aller trop loin avec l’En-Haut, on perd le contact avec l’En-Bas. I1 faut donc fuir ces tours aériennes où l’on sublime et pénétrer dans la partie souterraine qui évoque la part matérielle et humaine. Méthodiquement, les personnages passeront par la crypte extérieure du cimetière (mort sociale), pour pénétrer dans un caveau (mort familiale) et descendre finalement dans une cave (mort individuelle). Là, dans l’écho visuel

    -Car tout est en haut, rien n’est en bas, Mais il le semble seulement à ceux qui n’ont pas la Connaissance”.
    Odes de Salomon, 34.
     
    Toute l’oeuvre de Roger Leloup est une invitation à l’arrêt iconique, à la réflexion thématique et à l’interprétation symbolique. Malgré l’exemplaire souci d’un graphisme soigné, il ne faut pas entrer dans les aventures de Yoko Tsuno avec des oeillères de simple géomètre où d’esthète précieux. Nous découvrons rapidement que l’approche scientifique n’est qu’un prétexte au glissement symbolique. C’est dans la vie quotidienne, ce merveilleux insolite si cher à Edgar Pierre Jacobs, que nous devons chercher le signe remémoratif et prognostique du cheminement narratif. Dans La frontière de la vie 1, une cohérence profonde dans le thème universel de notre condition humaine, syncopée par la vie et la mort, nous fait apprécier l’importance d’un passé trop vite oublié, d’un présent conflictuel à surmonter et le projet sans frontière d’un avenir meilleur à réaliser. Par la structure atemporelle du scénario, tout se passera sous terre où le jour ne se mesure plus, où le passé n’appartient plus au passé et le futur est si présent, que l’instant privilégié de la vie d’un personnage deviendra le fil conducteur de l’intrigue; tout cela dans la tradition d’une oeuvre déjà classique.

    Arrêtons-nous d’abord au début du récit où, dès le premier récitatif, écrit sur un

    parchemin sur le quel figure une mystérieuse tour emblématique rouge, nous pénétrons dans un temps et un espace symbolique. Le rapprochement de cet album avec le 16e siècle, le premier siècle moderne, éclate encore plus lorsque nous prenons la peine de fouiller et d’apprendre que cette époque brisa toute frontière et décloisonna la pensée, grâce aux liens fidèles avec l’Antiquité. On remit tout en question avec un sens humaniste insurpassé. Ce siècle de la Renaissance fut marqué par la Réforme religieuse, les plus grandes découvertes géographiques, le couronnement du gothique, le début du baroque et surtout l’aurore de la vraie pensée scientifique sans frontière avec d’illustres noms cosmopolites, tels le Polonais Copernic, l’Italien Galilée, l’Hollandais Jansen, le Suisse Paracelse, l’Anglais Bacon et les Français Nostradamus et Ambroise Paré. Dans l’album, nous retrouvons aussi cette absence de frontière géographique et politique, avec la collaboration de techniciens d’Allemagne de l’Est, Dimitri et Ivan, et d’Allemagne de l’Ouest, Kurt et Hans.
     

    À la première page, le personnage principal arrive seul, vêtu de rouge, durant une fin d’après-midi de mai (Renaissance). Yoko tente de déchiffrer une lettre énigmatique, après avoir passé sous le signe solaire d’un lion d’or 2. Dans la lettre on demande de

     

    Rothenburg

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    La presse

     

    Voici deux articles tirés de La Presse (“le plus grand quotidien francophone d’Amérique du Nord“) de Gilles Racette, parus lors du passage de Roger Leloup au Québec en 1982. Ces deux articles se font suite, La belle électronicienne et Entre la sensualité et la fraicheur.

    Merci à  Richard Gendron pour nous avoir retrouvé ces articles.

    La belle électronicienne
     
    GILLES RACETTE collaboration spéciale

     
     La belle électronicienne
    Après Bornéo et un voyage dans le temps qui nous avait menés à la Seconde Guerre mondiale avec La spirale du temps, c’est en Écosse que nous convie La proie et l’ombre, ce douzième album des aventures de Yoko Tsuno. Le prétexte à l’aventure? Secondée par Pol et Vie, ses faire-valoir, Yoko doit faire un reportage pour la télévision sur le monstre du Loch Ness et quelques autres «légendes» locales. Sans trop d’efforts d’imagination et la couverture aidant, le lecteur ajoutera ses propres fantasmes et c’est un peu sans sur prise qu’il verra apparaître un magnifique fantôme dans un château digne des meilleures histoires fantastiques. Château, apparitions, individus louches, illuminés, actions nocturnes, intérieurs d’un autre âge, proximité d’un cimetière, passages secrets, ruines et un soupçon de science: voilà créée l’ambiance propiced’une aventure dont seul Roger Leloup a le secret.

    La proie et l’ombre se passe sur la terre, simplement. Ceux qui ne connaissent pas Yoko Tsuno ne se douteront certes pas que ses

    aventures la mènent parfois aux confins du Cosmos et qu’elle est alors supportée par un arsenal technologique des plus sophistiqués. Ici, la science n’a que très peu à faire: la science-fiction fait place à un fantastique d’atmosphère.
    Les mordus connaissent bien le style Leloup; avec cet album, ils seront comblés. Ils retrouveront les prises de vue grandioses, le souci du détail qui relève de la documentation photographique, les postures malhabiles mais typiques des personnages, les épisodes nocturnes nombreux, les coloris caractéristiques. un découpage serré et un suspense enlevant.
    Naturellement, avec les années (12 exactement), Yoko Tsuno s’est transformée. Ce qui apparaît clairement depuis quelques albums, et cela est encore plus évident avec celui-ci, c’est que Roger Leloup est en train d’investir son héroïne d’un halo érotique certain. Le lecteur est amené à «voir» quelques scènes intimes auxquelles il n’avait jamais eu droit et cela n’est malheureusement pas étranger au fait que Yoko Tsuno soit une femme. Elle se promène une bonne partie de l’album en robe de nuit, on assiste au moment où elle se met au lit, où elle en sort. La coquetterie l’a finalement atteinte. Elle est dotée de plus en plus de tout un ensemble de caractéristiques de la féminité traditionnelle: sa tenue vestimentaire est de plus en plus étudiée, elle a beaucoup perdu de son agressivité, elle est poseuse et un peu «Barbie». Mais ce qui est plus grave encore, c’est qu’en la faisant devenir de plus en plus victime des événements, Roger Leloup est en train de la «sortir» de l’action. Le lecteur, ébahi devant tant de beauté plastique, n’aura plus prise sur les personnages ni sur les paysages. Il aura devant lui des êtres idéalises et du pittoresque. À Roger Leloup d’y voir.
    D’électronicienne compétente, Yoko Tsuno est en train de devenir LA JOLIE électronicienne. J’aime. trop Yoko Tsuno pour la voir s’échapper comme ça.
    Roger Leloup sera de passage à Montréal la semaine prochaine après s’être arrêté au 11e Salon international du livre de Québec. Il sera en mesure de répondre à cela ici même dans cette page.
    YOKO TSUNO: LA PROIE ET L’OMBRE, par Roger Leloup. 46 pages. Éditions Dupuis.
     
    (LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 24 AVRIL 1982)
  • Yoko dans les médias

    Schtroumpfanzine

    Voici un article paru dans le fanzine Schtroumpfanzine N°25 d’octobre 1978. Cet article nous a été envoyé par Richard Gendron.
    Attention il nous manque le haut de la deuxième page (remplacé par des smiley. Cet article est tiré d’une photocopie, donc la photo n’est pas de très bonne qualité. Si vous avez cet article en meilleure qualité n’hésitez pas à nous l’envoyer.
    C’est aussi l’amie
    que j’aurais voulu rencontrer,
    la grande soeur que je n’ai jamais eue…
    Roger Leloup

    Je vis avec les yeux levés vers le ciel… c’est un lieu d’évasion, de rêve. C’est pourquoi je me veux résolument optimiste. Certains aiment faire rire, moi, j’essaie de remplir un rôle, disons, didactique, en racontant des histoires qui posent des problèmes, qui font réfléchir. Mon public est essentiellement formé de jeunes. Je me vois mal leur imposant une vision pessimiste de l’existence. Et pourtant.
    J’ai jadis élevé des abeilles. Je les observais aller et venir, puis repartir en pleine averse, épuisées, pour ramener une ultime récolte de pollen. Il leur fallait alors plus d’une heure pour parvenir à se hisser sur la ruche où les attendaient les gardiennes. Jamais pourtant je n’ai vu une de ces gardiennes venir en aide à une ouvrière pour lui permettre de remonter. C’est un peu une image de la vie. En décrivant, dans Les Titans, une société d’insectes évolués, pratiquant la sélection naturelle au sein d’un système essentiellement totalitaire, j’ai voulu montrer qu’il subsiste toujours, au-delà des pratiques les plus aberrantes, une manière humaine et humaniste d’envisager la vie. Peut-être parce qu’il y a la mort au bout…
     
    Vivre pour vivre.

    La vie est, selon moi, principalement biologique et mécaniste, même s’il y a un petit quelque chose en plus que l’on

    pourrait bien appeler «âme». Pour le reste, nous ne sommes jamais que des magasins de données. Seul ce petit quelque chose nous permet d’effectuer le choix parmi ces innombrables données. Au premier abord, c’est atterrant. Avec Yoko, j’essaie d’échapper à cet enfermement, d’envisager la vie de façon poétique, romantique, ludique.
    A 44 ans, je joue toujours. C’est vital, le jeu ! L’aéro-modélisme, l’électronique, c’est pour moi avant tout le jeu. La bande dessinée aussi. Je fais donc de la bande dessinée pour jouer et pour vivre. D’aucuns vendent de l’essence. J’espère simplement faire aussi bien de la bande dessinée qu’ils vendent leur essence. Peut-être ai-je sur eux cet avantage: je fais un métier agréable que j’aime profondément et j’en vis. Le bonheur est aussi simple que cela. Vivre, rien que vivre.
    Si je suis heureux aujourd’hui, c’est parce que je me dis qu’un jour, plus tard, une petite fille ou un petit garçon découvrira l’un de mes livres au fond d’un grenier et vivra une demi-heure de rêve. Je n’ai pas d’autre ambition. Je dis ce que j’ai à dire, librement.
    Après quinze ans chez Hergé, j’étais content de prendre enfin la responsabilité de ma signature au bas de mes dessins. Mais je reste effrayé de voir l’ampleur que peut prendre une personnalité. Moi, je ne suis pas une personnalité, seule-ment un artisan, un dessinateur qui fait son métier le plus

     

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    Solaris

    Voici une interview parue dans la revue québécoise Solaris (http://www.revue-solaris.com) dans les numéros 46 (août 1982) et 48 (février 1983). Cette interview est réalisée par Luc Pomerleau, qui tenait aussi la chronique BD (“Le Bédéraste”) de la revue. 
     
    Tout nos remerciements à Richard Gendron qui nous à envoyé l’article.

    Issu des studios de Jacques Martin et de Hergé, Roger Leloup a réussi avec sa première série à captiver l’intérêt d’un grand nombre de lecteurs. YOKO TSUNO est l’une des bandes les plus populaires de SPIROU et trouve ses adeptes parmi les lecteurs de tous âges.

    Bande dont le dessin classique fascine les uns et irrite les autres, Yoko Tsuno est chère au coeur de l’auteur. Ses déclarations dans l’entrevue qui suit permettent de mieux le connaître et, par là, de mieux comprendre Yoko, qu’on devine très près de lui; il insiste pour dire qu’elle est la grande soeur qu’il n’a jamais eue.
    Nous l’avons rencontré à Québec. Nous avons commencé par aborder ses débuts dans la bande dessinée, qui sont encore peu documentés pour la plupart des lecteurs.

     


    entrevue:
    Roger
    Leloup

    Roger Leloup

     
     
     
     
    Roger Leloup, vous avez commencé dans la bande dessinée comme assistant de Jacques Martin. Pourriez-vous nous donner quelques détails à propos de cet apprentissage?
    J’étais dans une école qui s’appelle Saint-Luc; j’habite un petit patelin qui s’appelle Verviers, à l’est de la Belgique près de l’Allemagne, et j’allais à l’école dans une grande ville. Je me destinais à la publicité, au fond. Et pendant mes vacances, après 3 ans d’études à Saint-Luc, Jacques Martin habitait plus bas que chez moi. On a discuté assez longtemps, surtout qu’il est très loquace, et il a mentionné qu’il cherchait un assistant pendant les vacances. Et bon, j’ai cherché un assistant pour Jacques Martin, je n’en ai pas trouvé, et un jour je me suis dit “je vais lui offrir de faire ses coloriages pour voir ce que ça donne”. Quand il a vu les coloriages, il m’a proposé d’aller chez lui, ce que j’ai fait.
    J’ai commencé d’abord à colorier les histoires d’Alix; c’était dans LE SPHINX D’OR, c’est déjà loin! Puis j’ai poursuivi dans la série des chromos VOIR ET SAVOIR que l’on distribuait avec des Points Tintin; ces chromos ont ensuite été imprimés en albums je crois dernièrement (Aux éditions Septimus, sous les titres de L’HISTOIRE DE L’AEROSTATION, L’HISTOIRE DE L’AUTOMOBILE, etc., sous la signature de Hergé. NDLR.) Je dessinais donc les voitures et les avions, Martin les repassait à l’encre. Plus tard, je les ai repassés à l’encre aussi, mais à ce moment-là il le faisait lui-même et les envoyait à Hergé qui mettait à côté un petit Tintin en costume d’époque. Un jour, Hergé a trouvé ça complètement ridicule qu’il y ait un studio qui se trouve à des kilomètres de chez lui; les dessins risquaient de se perdre, de s’abimer. Alors il a réuni tout le monde dans son studio de la rue Louise à Bruxelles. C’est comme ça que je me suis retrouvé chez Hergé, un rêve magnifique à l’époque.
    Qu’y faisiez-vous ? Les machines ? Les décors ?
    Pas tellement les décors; surtout ce qui était de la technique, tout en continuant les décors de Jacques Martin et ses coloriages. J’ai commencé les décors dans LA GRIFFE NOIRE, jusqu’à la première case de IORIX LE GRAND que j’ai faite au crayon, après quoi je suis parti.
    Chez Hergé, à partir de quel album avez-vous travaillé ?
    Hergé m’a testé pour mon premier décor, c’était la gare de Nyon dans L’AFFAIRE TOURNESOL. C’était assez amusant parce que je me suis tapé un hall vitré et la gare de Nyon n’a pas de toit vitré au-dessus. On aurait pu aller faire des photos…
    J’ai commencé là-dedans et puis, c’est difficile à expliquer ce que j’ai fait …ça passe par les petites chaises roulantes du Capitaine Haddock dans LES BIJOUX DE LA CASTAFIORE…II y a une chose que je raconte souvent parce que c’est très typique. Quand j’était petit j’avais des problèmes avec mon foie; c’était la guerre et ma mère pour me consoler m’offrait de la littérature. Elle m’a offert mes premiers livres de BD, Quick et Flupke, et L’ILE NOIRE.
    La première version ?
    Oui. Et j’ai joué aux avions de l’Ile Noire dans mes couvertures. Devenu adulte, Hergé m’a confié le soin de redessiner les avions de la nouvelle version de L’ILE NOIRE (1965). Donc, sans le savoir, il réalisait mes rêves d’enfant. Les deux versions de L’ILE NOIRE sont fidèles l’une à l’autre; je me suis attaché à ne pas trahir mes rêves d’enfant.
    Peu après, Hergé a offert à mon fils L’ILE NOIRE et j’ai trouvé plus tard mon fils qui jouait aux avions de L’ILE NOIRE. Donc, une génération avait passé… l’art de ne pas vieillir…
    Grâce à Hergé.
    Grâce à lui, qui est resté étonnamment jeune.
    A quel moment avez-vous décidé de partir en solo ?
    Il y a un problème qui s’est créé vers la fin de mon séjour chez Hergé. C’est que j’ai travaillé pour Jacques Martin, j’ai travaillé pour Hergé, mais jamais sous mon nom. Alors il y avait des problèmes, il ne faut pas le cacher; il y avait Hergé avec sa grande gentillesse et une certaine lâcheté quand même. Je travaillais pour Martin, et Hergé m’apportait un dessin pour lui et il me disait “Vous le faites tout de suite, c’est urgent”. Alors je mettais de côté la page de Martin, qui était urgente aussi. Ils n’ont jamais eu


  • Yoko dans les médias

    YOKO TSUNO, MYTHE OU REALITE ?

    Voici un article de Pierre BRUYLANDT que nous devons à Stephan, nous n’avons hélas, ni la date, ni le journal duquel il est tiré. Nous espérons avoir l’information rapidement.
    Rencontré Roger Leloup
    YOKO TSUNO, MYTHE OU REALITE ?
    Les véritables héroïnes féminines, celles qui tiennent réellement le premier rôle, sont rares dans la bande dessinée où les mâles régnent en maîtres dans un monde presque exclusivement réservé aux hommes, composé d’hommes. Et ce ne sont pas Tintin, Spirou, Lucky Luke, Buck Danny et Astérix qui nous contrediront. Dans cette B.D. du sexe fort, Yoko Tsuno fait figure d’exception. Cette jeune et jolie Japonaise, informaticienne et électronicienne, rompue aux arts. martiaux, s’est affirmée au fil de son histoire déjà longue de quatorze albums. Mais saviez-vous que Yoko habitait dans le Brabant wallon, à un rayon laser de Wavre ? Nous le savions et lorsque nous nous sommes trouvé devant la maison, la Fiat X19 était là, signe que Yoko Leloup — à moins que ce ne soit Roger Tsuno — nous attendait. Bref, vous avez compris que Roger Leloup allait nous recevoir pour parler de sa fille. Le doute n’est plus permis, Yoko est bien la fille de Roger Leloup tant ce dernier nous en parle avec passion, amour, tendresse comme un père qui aurait aidé sa fille à « vivre sa vie ». A vivre des aventures extraordinaires qui commencent la veille de Noël 1969.
    — Ce jour-là, raconte Roger Leloup, je jouais gros en proposant à Dupuis une histoire originale. En effet, j’avais quitté les studios de Hergé après quinze années de bons et loyaux services passés à dessiner avions, fusées et châteaux. Cette « cassure » avait été encouragée par Tillieux et Peyo qui m’ont persuadé de créer mon personnage.
    — pourquoi Yoko Tsuno?
    Yoko est née dans mon imagination mais je dois reconnaître que j’ai peut-être été influencé par une actrice asiatique du nom de Yoko Tani, Mais j’insiste très fort pour rappeler que « ma » Yoko est une Japonaise qui vit en Europe.
    Et voilà la première héroïne de B.D. qui ne soit ni policier ni journaliste. Yoko est une forte en math puisqu’elle fut, dès la première histoire, ingénieur en électronique. Ses aventures, un album par an, elle les vit alternativement sur notre bonne vieille terre et dans l’univers des Vinéens. Une tribu dont l’origine mérite d’être racontée.
    — Quand j’étais petit, nous confie Roger Leloup, j’étais dyslexique. Je voyais souvent, chez nous, à la maison, un pot de crème Nivea que je lisais Vinéa et, je m’imaginais qu’en se mettant de la crème sur te visage, on devenait bleu comme l’emballage. Et voilà comment, au moment de créer mon scénario de science-fiction, tes Vinéens bleus de mon enfance me sont revenus à la mémoire.

    A LA TETE DU « TRIO DE L’ETRANGE »
    Le personnage de Yoko est né presque par hasard. C’est dans la série Jacky et Célestin qu’elle est apparue pour la première fois. Elle ne jouait qu’au second plan, la vedette étant tenue par son frère. (SUITE en PAGE 4) (Propos recueillis par Pierre BRUYLANDT.)